Site intercommunal >>

Le Maquis de Ponce

Le maquis s’installe quelques jours dans la ferme de LAS FUSTES,
puis, dans une ferme abandonnée, à PONCE. Le bâtiment comporte, en bas, une étable, en haut, un local d’habitation avec cheminée.

Les maquisards, au nombre d’une dizaine, se lient rapidement avec la
population de la Commune de Camarade. Ils sont ravitaillés régulièrement par Louis PONS et vont, eux-mêmes, fréquemment au chef-lieu de la commune, Lavielle, chez le cafetier-cordonnier Camille GROS. Un paysan du voisinage (le Cap de la Goutte) les ravitaille et leur prête même un chien de garde.

Le maquis a pour responsable politique Roger Thévenin “Alain”, pour
responsable militaire Jean GERAUD. Avec eux, se trouvent André CHAUBET, Michel GRANKOWSKI, le docteur Moïse SIGLER, mais aussi, Emile BEAUGARD et Lucien TAURINE, chargés des liaisons avec Castelnau et deux jeunes de Saint-Girons, arrivés depuis peu (l’un s’appelle “Robert”).

Les témoignages sont unanimes pour dire que les maquisards de
Ponce ont été imprudents.

Voici le témoignage du Maire Henri HUC : “en Octobre et Novembre
1943, des maquisards venus de la région de Rimont vinrent dans ma commune et habitaient dans la ferme inhabitée de Ponce. lisse ravitaillaient dans les fermes de la région ; moi-même, je leur avais donné plusieurs denrées.

J’avais remarqué que ces hommes étaient très imprudents. Ils se
promenaient en plein jour, porteurs d’armes et s’étaient même exercés au tir à la cible, au vu de tout le monde. De cette façon de procéder, la présence de maquisards à Camarade fut vite connue dans toute la région. S’ils avaient agi avec prudence, il est certain qu’ils auraient pu rester longtemps sans être démasqués, étant donné que le lieu est peu fréquenté et que tous les habitants de la région leur étaient favorables
” (Témoignage de 1945).

Les maquisards sont donc trop voyants. On les aperçoit près du Mas
d’Azil ou à côté de Montfa. De plus, aucune mesure sérieuse de sécurité n’est prise autour de Ponce.

Un habitant de Camarade déclare : “Les maquisards étaient trop con-
fiants : iln’yavait pas de garde. Lorsque je suis venu à Ponce, en pleine nuit, pour
demander au docteur Sigler de venir soigner quelqu’un chez mo4 j’ai frappé
normalement. Les maquisards étaient au coin du feu. Personne ne gardait devant
la porte
” (Témoignage de 1990).

Ce laisser-aller parvient aux oreilles des responsables départemen-
taux. Jean LAGREZE, communiste de PAU, Commissaire aux Opérations Régional (C.O.R., c’est-à-dire, responsable militaire pour l’Ariège) vient en inspection à Ponce. Il est furieux. Il ordonne aux maquisards de prendre des mesures de protection en cas d’attaque, de creuser une tranchée ou de faire un passage dans les taillis pour permettre un repli.

Louis Pons, mis au courant de cette directive, vient à Ponce, avec le
Maire Henri HUC. Tous deux, aident les maquisards à tracer un chemin dans les broussailles pour un repli éventuel.

Et le drame est arrivé.