Déroulement d'une affaire devant le tribunal correctionnel
Le tribunal correctionnel est compétent pour juger les délits commis par une personne majeure . Il peut condamner la personne à une peine d’ emprisonnement , au paiement d’une amende , à un travail d’intérêt général ... La victime peut se constituer partie civile pour demander réparation de son préjudice. Nous vous présentons les informations à connaître sur le déroulement de l’affaire devant ce tribunal.
Comment le tribunal correctionnel est-il saisi ?
Le tribunal correctionnel est saisi selon l'une des procédures suivantes :
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Comparution sur reconnaissance préalable de la culpabilité (CRPC)
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Convocation par officier de police judiciaire (OPJ) .
C'est le procureur de la République qui décide de mettre en œuvre l'une ou l'autre de ces procédures. On dit qu'il engage les poursuites.
À noter
En cas de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), une procédure spécifique s'applique.
Le tribunal correctionnel peut aussi être saisi par :
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Ordonnance de renvoi du juge d’instruction à la fin d'une information judiciaire
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Citation directe délivrée à demande de la victime
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Comparution volontaire du prévenu .
À savoir
Un prévenu mineur est jugé par le tribunal pour enfants .
Quels sont les actes et démarches préalables à l'audience correctionnelle ?
Convocation du prévenu
Le prévenu est convoqué à l’audience par citation à comparaître délivrée par un commissaire de justice .
La convocation peut aussi être notifiée par un officier de police judiciaire ou un agent de police judicaire . Elle est notifiée par le chef d’établissement pénitentiaire si le prévenu est incarcéré (en détention provisoire ou en exécution d’une autre condamnation).
Dans certaines procédures ( CPPV , comparution à délai différé ), le prévenu est convoqué verbalement . Un procès-verbal de convocation est établi dont une copie lui est remise.
La citation ou la convocation doit être remise au prévenu au moins 10 jours avant la date de l’audience.
La convocation informe le prévenu de son droit d'être assisté ou représenté par un avocat choisi ou commis d'office .
Quand un prévenu est sous tutelle ou curatelle, son tuteur ou curateur doit obligatoirement être informé ainsi que le juge des tutelles.
À savoir
Si le prévenu est en détention , le procureur fait le nécessaire pour qu'il soit conduit au tribunal sous escorte policière le jour de l'audience.
Avis à victime et constitution de partie civile
La victime reçoit un avis d’audience qui l'informe de la date, de l'heure et du lieu l'audience.
L'avis d'audience est transmis à la victime par courrier ou par tout moyen en cas de procédure rapide ( convocation par procès-verbal (CPPV), comparution immédiate (CI) , comparution à délai différé) .
L'avis d’audience informe la victime qu’elle peut se constituer partie civile pour demander des dommages et intérêts en réparation de son préjudice.
Elle est informée de son droit d'être assistée ou représentée par un avocat choisi ou commis d'office .
La constitution de partie civile se fait par déclaration au greffe du tribunal avant l'audience .
La victime peut aussi se constituer partie civile par écrit jusqu’à la veille de l’audience. La constitution de partie civile par écrit doit parvenir au tribunal au moins 24 heures avant l'audience .
À savoir
La victime qui ne s’est pas constituée partie civile avant l’audience peut encore le faire pendant l'audience, avant les réquisitions du ministère public.
Autres convocations et avis d'audience
Si un témoin doit être auditionné lors du procès , il est convoqué par citation .
Si une peine de confiscation d’un bien (voiture, ordinateur...) est encourue et que le propriétaire est identifié , un avis d’audience lui est adressé par tout moyen au moins 10 jours avant l’audience. L’avis l’informe qu’il peut présenter ses observations à l’audience et demander la restitution du bien. Il peut être représenté ou assisté par un avocat.
En cas de délit douanier , le procureur de la République adresse un avis d’audience à l’administration des douanes .
En cas de dommage corporel couvert par l’Assurance maladie, la victime partie civile doit aviser sa caisse primaire d’assurance maladie .
Quand le préjudice subi est couvert par un contrat d'assurance, un avis aux assureurs est fait par toute partie qui y a intérêt au moins 10 jours avant l’audience . Cet avis est remis par un commissaire de justice ou adressé par lettre recommandée avec accusé de réception.
Consultation et copie du dossier
Les avocats du prévenu et de la victime peuvent consulter le dossier au tribunal dans les 2 mois qui suivent la citation ou la convocation.
Le prévenu, la partie civile ou leurs avocats ont droit à obtenir la copie du dossier . Le tribunal a 1 mois à compter de la demande pour délivrer la copie. La première copie est gratuite . Si le dossier est numérisé, la copie est délivrée au format numérique.
Demandes d'actes d'enquête
Avant le procès, les parties ou leurs avocats peuvent demander la réalisation d'actes d'enquête qui leur paraissent utiles à la recherche de la vérité. Par exemple, le prévenu d'un délit de fuite peut demander l'exploitation de ses données téléphoniques pour montrer qu'il n'était pas à l'endroit du délit au moment où il a été commis.
Cette demande doit être adressée au greffe du tribunal correctionnel avant l'audience , par lettre recommandée avec accusé de réception . Elle peut également être remise au greffe contre la délivrance d'un reçu .
Le président du tribunal se prononce sur la requête après avoir demandé l'avis du procureur .
Comment se déroule l'audience correctionnelle ?
Composition du tribunal
Les affaires simples sont jugées par un seul juge . C'est le cas des délits sanctionnés par une peine inférieure ou égale à 5 ans d’emprisonnement , comme le vol, le port d'arme illégal, les délits routiers, les violences peu graves. On dit que l'audience est à juge unique .
Les affaires complexes (dont la peine d’emprisonnement peut aller jusqu’à 10 ans) sont jugées par 3 juges : 1 président et 2 assesseurs . On dit que l’audience est collégiale .
Le ministère public est représenté par le procureur de la République . Il défend les intérêts de la société.
Un greffier est également présent à l'audience. Il veille à la régularité de la procédure et de l'audience.
Accès à la salle d'audience
La salle d'audience est ouverte au public . La liste des affaires qui vont être jugées est affichée à l'entrée de la salle d'audience.
Un huissier d'audience, appelé aussi huissier audiencier , permet l'accès à la salle d'audience. Il vérifie la présence des personnes convoquées et accueille le public.
Parfois le public n'est pas autorisé à entrer dans la salle d'audience. On dit que l'affaire est jugée .
Comparution du prévenu
Le prévenu qui est convoqué à l'audience doit comparaître, c'est-à-dire qu'il doit se présenter devant le tribunal pour être jugé.
Si le prévenu ne vient pas à l'audience, il s'expose à être amené de force devant le tribunal par la police.
Le tribunal peut aussi décider de le juger en son absence.
Le prévenu peut comparaître libre, sous contrôle judiciaire ou détenu .
Si le prévenu est libre ou sous contrôle judiciaire , il entre en salle d'audience et attend dans le public le moment où son affaire va être appelée.
Si le prévenu est détenu , une escorte policière le conduit au tribunal. Il attend son passage à l'audience dans une salle prévue pour les détenus. Au moment où son dossier va être examiné par le tribunal, il est installé avec l'escorte dans un emplacement sécurisé de la salle d'audience.
Le prévenu peut se défendre seul ou se faire assister par un avocat choisi ou commis d'office .
Si ses ressources ne lui permettent pas de rémunérer l'avocat, il peut demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle .
Attention
L'avocat commis d'office n'est pas gratuit . Si le prévenu remplit les conditions pour bénéficier de l'aide juridictionnelle , ses frais d’avocat sont pris en charge par l'État. Si elle est refusée ou accordée partiellement, il doit régler les honoraires.
Deux situations sont possibles :
Le prévenu peut demander à être jugé en son absence en étant représenté à l'audience par un avocat. Il doit faire sa demande par écrit au président du tribunal.
S'il ne connait pas d'avocat, il peut demander au bâtonnier de lui désigner un avocat commis d'office . Si ses ressources ne lui permettent pas de rémunérer l'avocat, il peut demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle .
Attention
L'avocat commis d'office n'est pas gratuit . Si le prévenu remplit les conditions pour bénéficier de l'aide juridictionnelle , ses frais d’avocat sont pris en charge par l'État. Si elle est refusée ou accordée partiellement, il doit régler les honoraires.
Si le tribunal estime que le prévenu doit venir à l'audience, il peut décider de renvoyer l'affaire à une autre date. Dans ce cas, le procureur de la République le convoque à nouveau par citation .
À savoir
Quand la peine encourue est supérieure à 2 ans de prison, le tribunal peut délivrer un mandat d'arrêt ou d'amener contre le prévenu absent, même si son avocat est présent.
Deux cas de figure sont possibles :
En cas d'empêchement majeur (maladie, déplacement professionnel...), le prévenu peut demander le renvoi de l'audience à une autre date.
La demande se fait par écrit avec un justificatif . La décision de renvoyer ou non l'affaire est prise le jour de l'audience.
Le tribunal peut accorder le renvoi.
Le tribunal peut aussi rejeter la demande de renvoi et juger le prévenu en son absence.
À savoir
Si la peine encourue est supérieure à 2 ans de prison, le tribunal peut délivrer un mandat d'arrêt ou d'amener contre le prévenu absent.
Le prévenu non comparant et non excusé est jugé en son absence .
Mais le tribunal peut renvoyer l'affaire à une autre date s'il estime que sa présence est nécessaire.
À savoir
Si la peine encourue est supérieure à 2 ans de prison, le tribunal peut délivrer un mandat d'arrêt ou d'amener contre le prévenu absent.
Comparution de la victime ou de la partie civile
La victime des faits qui ne se constitue pas partie civile, ne peut pas demander de dommages et intérêts pour la réparation de son préjudice.
Elle peut comparaître seule sans avocat.
Elle peut également être présente à l’audience et assistée d’un avocat .
Elle peut être absente et représentée par un avocat .
La victime qui veut un avocat peut le choisir elle-même ou demander au bâtonnier de lui désigner un avocat commis d'office . Si ses ressources ne lui permettent pas de rémunérer l'avocat, elle peut demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle .
Les règles de comparution de la partie civile dépendent de la façon dont la victime s'est constituée partie civile.
À savoir
La victime des faits qui ne se constitue pas partie civile ne peut pas demander de dommages et intérêts pour la réparation de son préjudice. Elle peut comparaître seule sans avocat, être présente à l’audience assistée d’un avocat ou être absente et représentée par un avocat . Elle peut le choisir elle-même ou demander au bâtonnier de lui désigner un avocat commis d'office . Si ses ressources ne lui permettent pas de rémunérer l'avocat, elle peut demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle .
Quand une victime se constitue partie civile par écrit avant l'audience , elle a le choix de venir à l'audience ou pas . Si elle décide de ne pas venir, elle n'a pas besoin de se justifier.
Elle peut venir à l'audience seule .
Elle peut venir à l'audience avec un avocat pour l'assister.
Elle peut être absente et représentée par un avocat .
Elle peut être absente et sans avocat .
La victime partie civile qui veut un avocat peut le choisir elle-même ou demander au bâtonnier de lui désigner un avocat commis d'office . Si ses ressources ne lui permettent pas de rémunérer l'avocat, elle peut demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle .
Quand la victime se constitue partie civile par déclaration au greffe avant l'audience , elle doit comparaitre .
Elle peut comparaître en personne .
Elle peut aussi comparaître en se faisant représenter par un avocat si elle ne peut pas ou ne veut pas venir.
La victime partie civile qui veut un avocat peut le choisir elle-même ou demander au bâtonnier de lui désigner un avocat commis d'office . Si ses ressources ne lui permettent pas de rémunérer l'avocat, elle peut demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle .
Si la partie civile constituée par déclaration au greffe est absente et n'a pas d'avocat pour la représenter, le tribunal considère qu'elle renonce à ses demandes (appelé désistement ). Dans ce cas, la constitution de partie civile n'est pas examinée et le tribunal constate le désistement dans son jugement.
La partie civile peut éviter que le désistement soit constaté en renouvelant ses demandes par écrit avant l'audience.
La victime peut se constituer partie civile pendant l’audience, avant les réquisitions du ministère public .
Sa constitution de partie civile peut être faite par déclaration contresignée par le greffier d’audience ou par le dépôt de conclusions rédigées par elle ou son avocat.
Déroulement des débats
Le président du tribunal mène les débats et veille au bon déroulement de l'audience.
Il peut par exemple expulser une personne qui trouble les débats y compris le prévenu. Il peut aussi interdire l'accès de la salle aux mineurs ou certains d'entre eux si les débats risquent de les choquer.
Le greffier prend des notes sur le déroulement des débats :personnes présentes, documents remis, constitution de partie civile, incident d’audience.... Il doit noter les réponses du prévenu, les déclarations de la victime, des témoins et des experts ainsi que les demandes de la partie civile.
Rappel
L’audience est publique sauf décision contraire du tribunal qui peut ordonner le huis clos .
Une seule ou plusieurs affaires peuvent être jugées au cours d'une même audience.
Un procès peut se dérouler sur plusieurs journées d'audience s’il y a de nombreux prévenus ou victimes ou de multiples infractions.
Invitation du prévenu à la barre
Le président d'audience appelle le prévenu et l'invite à se présenter à la barre.
Il vérifie son identité puis il l'informe sur ses droits qui sont les suivants :
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Droit de se taire
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Droit de faire des déclarations spontanées ou de répondre aux questions qui lui sont posées
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Droit d'être assisté d'un interprète si le prévenu ne parle pas ou ne comprend pas le français
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Droit d'être assisté d'un interprète en langue des signes si le prévenu est sourd.
Instruction du dossier
Pour l'examen des faits, le président d'audience donne la parole aux parties et autres intervenants dans un ordre précis.
Le prévenu prend la parole en premier. Le président l'interroge sur les faits qui lui sont reprochés et sur sa situation personnelle.
On entend ensuite les éventuels témoins et experts convoqués pour l'audience.
Enfin, le tribunal entend les déclarations de la victime. Si la victime ne s'est pas constituée partie civile avant l'audience, elle peut le faire à ce moment-là. Si la victime partie civile a un avocat, on lui donne la parole pour sa plaidoirie .
Fin des débats
Après l'examen de l'affaire, le président donne la parole au procureur de la République. Le procureur se lève pour donner son avis sur le dossier. On dit qu'il prend ses réquisitions .
Dans ses réquisitions orales, le procureur demande au tribunal de déclarer le prévenu coupable et précise la peine qu'il réclame à son encontre. Le procureur peut aussi demander la relaxe du prévenu s'il estime que sa culpabilité n'est pas suffisamment démontrée.
Après les réquisitions du procureur, le prévenu prend à nouveau la parole. Si le prévenu a un avocat, on lui donne la parole pour sa plaidoirie .
La victime partie civile et le procureur peuvent répondre au prévenu. Dans ce cas le président d'audience doit redonner la parole au prévenu.
Le prévenu a toujours la parole en dernier et après sa dernière prise de parole, le président déclare que les débats sont terminés.
À noter
Les débats peuvent faire l'objet d'un enregistrement sonore ou audiovisuel pour un motif d'intérêt public, d'ordre pédagogique, informatif, culturel ou scientifique. L'autorisation est donnée par le premier président de la cour d'appel.
Délibéré
Après les débats, le tribunal doit réfléchir à la décision qu'il va prendre. On dit qu'il délibère .
Ce temps de délibéré se déroule en secret . Si l'audience est collégiale, le président d'audience et ses assesseurs vont dans une salle de délibéré pour discuter de l'affaire. Il est interdit d'entrer dans la salle de délibéré pendant que le tribunal délibère.
L'audience est suspendue durant le temps de délibéré.
Après avoir délibéré, le tribunal prononce sa décision publiquement à l'audience.
La décision est rendue le jour même. Si le tribunal a besoin de temps pour préparer sa décision, elle peut être rendue à une autre date qui est communiquée oralement à l’ensemble des parties.
Quelles décisions le tribunal correctionnel peut-il prendre ?
Complément d'enquête
Avant de juger l'affaire, le tribunal correctionnel doit répondre aux demandes d’actes complémentaire restées sans réponse au jour de l'audience.
Si le tribunal correctionnel estime que la demande d'acte d'enquête est justifiée, il ordonne un supplément d'information .
Le tribunal peut aussi ordonner le supplément d'information d'office.
Le supplément d'information est décidé dans un jugement qui ne se prononce pas sur la culpabilité du prévenu ni sur les demandes de la victime partie civile.
Le procès est alors reporté à une autre date .
Décision pénale
Le tribunal rend sa décision sur l'action publique , c'est-à-dire qu'il prend des décisions sur les poursuites pénales.
S'il estime que le prévenu n'est pas coupable, il prononce la relaxe .
S'il estime que le prévenu a bien commis les faits reprochés, il le déclare coupable et précise la ou les peines à exécuter.
Les condamnations pénales sont inscrites sur le casier judiciaire du condamné.
À savoir
À l’audience, le prévenu peut demander au tribunal, une dispense d'inscription sur son casier judiciaire au cas où il serait reconnu coupable des faits.
Peines principales et peines complémentaires
Le tribunal correctionnel fixe la peine principale que le condamné doit effectuer. Il s'agit notamment des peines suivantes :
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Emprisonnement , travail d'intérêt général ou peine de stage
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Et/ou peine d' amende .
Les peines d'emprisonnement et d'amende peuvent être prononcées avec sursis .
Le tribunal correctionnel peut révoquer le sursis d'une ancienne peine si le prévenu est à nouveau jugé coupable de faits commis pendant la période de mise à l’épreuve.
Une ou plusieurs peines complémentaires peuvent s'ajouter à la peine principale.
À savoir
Le tribunal correctionnel peut décider d' aménager la peine de prison ferme qu'il prononce. L'aménagement de peine est une alternative à l'emprisonnement.
Ajournement et dispense de peine
Le tribunal peut déclarer le prévenu coupable et reporter le prononcé de la peine. C'est ce qu'on appelle l’ajournement de peine . Le délai d'ajournement va permettre au coupable de régulariser sa situation et de réparer les dommages causés.
La peine prononcée après un ajournement va tenir compte de la conduite du coupable durant cette période. Il peut alors espérer une peine plus légère. Le tribunal peut même, à certaines conditions, décider d'une dispense de peine .
Une dispense de peine peut aussi être accordée dans le jugement initial et sans période d'ajournement.
Décision civile
Si le prévenu est déclaré coupable, le tribunal doit rendre sa décision sur l'action civile : il répond aux demandes d'indemnisation de la partie civile.
Le tribunal va fixer le montant des dommages et intérêts que le coupable doit payer à la partie civile en réparation de son préjudice.
Parfois, une expertise est nécessaire pour évaluer et chiffrer ce préjudice de la partie civile. Dans ce cas, le tribunal ordonne l'expertise et renvoie l'affaire à une autre date pour une audience sur intérêts civils .
Le renvoi sur intérêts civils peut aussi être accordé pour permettre à la partie civile de compléter son dossier (par exemple certificat médical, factures, devis des réparations de sa voiture...). Ce renvoi est de droit pour la partie civile qui le demande.
Décision sur les biens placés sous scellés
Le tribunal doit dire si les objets placés sous scellés dans le cadre de l'enquête doivent être restitués , confisqués ou détruits .
Si les objets placés sous scellés sont dangereux, nuisibles ou si leur détention est illicite, la restitution est interdite. Ils sont obligatoirement détruits.
Comment contester un jugement correctionnel ?
Appel
Le condamné peut faire appel s'il a comparu en personne, s'il était représenté ou s'il était absent mais qu'il a eu connaissance de sa convocation.
L’appel peut porter sur une partie de la décision (condamnation pénale, intérêts civils ...) ou l'intégralité de la décision.
La partie civile peut faire appel de la décision mais uniquement sur les intérêts civils .
À savoir
Le procureur de la République , le procureur général près la cour d'appel et les administrations publiques (par exemple les douanes) peuvent aussi faire appel.
L'appel se fait par déclaration en se déplaçant au greffe du tribunal qui a rendu la décision.
Si le condamné est détenu, il fait sa déclaration d'appel auprès du chef de l'établissement pénitentiaire où il est incarcéré.
Si les parties étaient présentes ou représentées ( jugement contradictoire ), l'appel doit être fait dans un délai de 10 jours à partir du prononcé de la décision .
Ce délai de 10 jours débute à compter de la signification ou de la notification de la décision pour les jugements contradictoires à signifier. C’est-à-dire les décisions pour lesquelles les parties ont été régulièrement convoquées, mais n'étaient ni présentes ni représentées par un avocat.
À savoir
Lorsqu'une des parties fait appel dans le délai de 10 jours ( appel principal ), les autres bénéficient d'un délai supplémentaire de 5 jours pour faire un appel incident .
L'affaire est rejugée par la chambre des appels correctionnels de la cour d'appel .
Opposition
Lorsque le prévenu n'a pas eu connaissance de la date d'audience (adresse inexacte, déménagement...) et n'est pas présent ni représenté par un avocat, le tribunal rend un jugement par défaut.
Il est signifié à la personne condamnée.
Pour contester la décision, elle doit former opposition . La première décision est annulée dans ses dispositions pénales et civiles.
La partie civile peut former opposition uniquement sur les intérêts civils .
L'opposition permet au tribunal correctionnel de rejuger l'affaire.
L'opposition se fait par tout moyen (par exemple par déclaration au greffe du tribunal, par lettre recommandé avec accusé de réception...).
Si la personne est détenue, elle peut faire opposition par déclaration auprès du chef d’établissement pénitentiaire où elle est incarcérée. La déclaration est transmise sans délai, par tout moyen, au ministère public .
Le délai pour faire opposition est de 10 jours à compter de la prise de connaissance de la décision si la personne condamnée réside en France métropolitaine et d’ 1 mois si elle réside hors de ce territoire.
Quand l’opposition faite à un jugement rendu par défaut est communiquée au ministère public . Celui-ci doit en aviser la partie civile par lettre recommandée avec accusé de réception.
Un nouveau procès est prévu. La nouvelle date d'audience est communiquée à l’ensemble des parties .
En cas de condamnation à une peine de prison ferme, le tribunal peut renvoyer le dossier à une date ultérieure. Il fait rechercher la personne condamnée par les services de police ou de gendarmerie soit pour la faire comparaître au nouveau procès, soit pour la mettre en demeure de se présenter à l’audience.
Si la personne condamnée ne se présente pas ou n'est pas représentée par un avocat au nouveau procès, le jugement rendu est qualifié d'itératif défaut .
Dans ce cas, il n'y a plus aucune voie de recours. Le jugement prononcé s'applique.
Quelles sont les suites d'un jugement correctionnel ?
Exécution des sanctions pénales
Le procureur de la République est chargé de faire exécuter les décisions pénales du tribunal correctionnel. Il procède à l'exécution des peines quand le jugement ne peut plus être contesté.
Quand un prévenu est jugé en son absence, le procureur doit d'abord lui faire signifier le jugement. Dans l'attente de la signification, le prévenu est inscrit au fichier des personnes recherchées .
Quand le jugement est définitif , le procureur fait inscrire la condamnation au casier judiciaire .
Il transmet au Trésor public les documents nécessaires pour le recouvrement des amendes et des droits fixes de procédure .
À savoir
Les frais de justice (enquête...) engagés à compter du 20 février 2026 sont en principe à la charge de la personne condamnée.
En cas de peine de prison ferme, le procureur transmet à l'établissement pénitentiaire un document qui permet l'incarcération du condamné. Ce document s'appelle extrait pour écrou . L'établissement pénitentiaire n'a pas le droit d'accueillir le condamné sans ce document.
En cas de travail d'intérêt général ou de peine d'emprisonnement aménageable (ou aménagée), le procureur saisit le juge de l'application des peines pour la mise en place et le suivi des mesures d'aménagement.
Le suivi de l’exécution de la peine est fait par le service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) .
À savoir
En cas de peine d'emprisonnement ferme, la victime peut demander à être informée sur l'exécution de la peine du condamnée et la date de sa libération.
Indemnisation de la partie civile
Le jugement qui accorde des dommages et intérêts est un titre exécutoire .
Il permet à la partie civile d'obtenir le paiement forcé si le condamné ne paie pas volontairement.
Les procédures d'exécution forcée sont les mêmes que celles prévues pour l’exécution d'une décision du juge civil .
En cas de difficultés pour percevoir les dommages et intérêts, la partie civile peut saisir la Commission d'indemnisation des victimes d'infractions (Civi) ou le Service d'aide au recouvrement des victimes d'infraction (Sarvi) .
À savoir
Si la victime n'a pas pu se constituer partie civile à l'occasion du procès pénal, elle peut demander des dommages et intérêts en réparation de son préjudice en saisissant le tribunal judiciaire .
Et aussi sur service-public.fr
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Comparution immédiate
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Victime d'infraction : indemnisation par le fonds de garantie des victimes
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Demander la révision d'une décision de justice (pénale ou civile)
Justice
Où s'informer ?
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Ministère chargé de la justice
Textes de référence
- Code de procédure pénale : articles 381 à 388-5
Compétence du tribunal correctionnel - Code de procédure pénale : articles 398 à 399
Composition du tribunal correctionnel - Code de procédure pénale : articles 400 à 405
Publicité et police de l'audience du tribunal correctionnel - Code de procédure pénale : articles 406 à 417
Comparution du prévenu devant le tribunal correctionnel - Code de procédure pénale : articles 418 à 426
Constitution de partie civile devant le tribunal correctionnel - Code de procédure pénale : articles 458 à 461
Débats devant le tribunal correctionnel - Code de procédure pénale : articles 462 à 486
Décisions du tribunal correctionnel - Code de procédure pénale : articles 723-15 à 723-18
Aménagement de peine par le JAP - Code de procédure pénale : articles 487 à 488
Défaut - Code de procédure pénale : articles 494 à 494-1
Itératif défaut - Code de procédure pénale : articles 489 à 493-1
Opposition - Code de procédure pénale : articles 496 à 509-1
Droit d'appel
Services en ligne et formulaires
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Demande de restitution d'un objet placé sous main de justice
Ministère chargé de la justice
